Première démographie mondiale depuis 2023 et cinquième économie globale, l'Inde s'affirme comme un pôle autonome dans le système international. Sous Narendra Modi, en poste depuis 2014 et réélu pour un troisième mandat en juin 2024, le pays revendique un statut de Vishwaguru — guide du monde — et entend convertir sa croissance économique en influence stratégique.
Le concept d'autonomie stratégique — héritage du non-alignement — structure la diplomatie indienne. New Delhi entretient simultanément un partenariat de défense majeur avec les États-Unis via le Quad, des achats massifs d'armement russe, un partenariat stratégique avec la France et une rivalité contenue avec la Chine.
Présidence du G20 en 2023, organisation du sommet des BRICS, accueil du premier sommet Voix du Sud global : l'Inde se positionne comme la principale puissance du Sud global et conteste discrètement le leadership chinois sur ce terrain.
Le rejet des sanctions occidentales contre la Russie, combiné à l'augmentation des importations de pétrole russe à prix réduit, traduit le pragmatisme d'une diplomatie indienne qui privilégie ses intérêts économiques et stratégiques sur l'alignement de bloc.
Les inégalités économiques massives, la pauvreté persistante d'une fraction importante de la population et les fragilités du système éducatif limitent le potentiel de rattrapage avec la Chine sur le moyen terme.
Les tensions communautaires internes et les dérives autoritaires dénoncées par certains observateurs pèsent sur l'image démocratique de l'Inde et compliquent son rapprochement avec les démocraties occidentales.