Membre fondateur de l'Union européenne et de l'OTAN, l'Italie occupe en Méditerranée une position géographique structurante. Sa proximité avec l'Afrique du Nord, sa façade adriatique tournée vers les Balkans, et ses liens historiques avec la Corne de l'Afrique en font un acteur incontournable des dossiers migratoires, énergétiques et sécuritaires du flanc sud européen.
Le gouvernement Meloni, formé en octobre 2022, a surpris par sa modération en politique étrangère. Soutien sans faille à l'Ukraine, maintien dans le cadre atlantique, dialogue resserré avec Washington et Londres : la rupture annoncée avec le mainstream européen ne s'est pas matérialisée sur l'essentiel.
Le Plan Mattei pour l'Afrique, lancé en 2024, constitue la marque diplomatique du mandat. Il propose une approche partenariale avec une dizaine de pays africains, articulée autour de l'énergie, de la formation et de la maîtrise des flux migratoires. Sa mise en œuvre concrète demeure inégale.
Rome cultive également une diplomatie économique active vers les pays du Golfe et l'Asie centrale, tout en maintenant un dialogue politique avec la Chine que peu de capitales européennes assument aussi ouvertement.
La dette publique, supérieure à cent trente pour cent du PIB, demeure la vulnérabilité structurelle majeure. Elle limite les marges de manœuvre budgétaires et expose Rome à la conditionnalité des marchés financiers et de Bruxelles.
La pression migratoire en Méditerranée centrale ne se résorbera pas mécaniquement. Sa gestion politique reste l'un des principaux tests pour la solidarité européenne et pour la stabilité du gouvernement.